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In depth Race Recap : Ironman 70.3 Eagleman

par JP Leclerc 17 Juin 2014, 19:55 Triathlon

In depth Race Recap : Ironman 70.3 Eagleman

La saison de triathlon est entreprise, et je considère d’une bien belle façon! Pour la premiere de l'année, j'en fais un compte-rendu détaillé, le reste de la saison sera plus de type quick race report.

 

Après une longue route en compagnie de mon compadre Charles B. Thibault, j’ai pris part à ma première compétition dans le petit état du Maryland, où j’ai complété le 70.3 Eagleman. Nous avons assez rapidement compris d’où venait le nom de cette course…en entrant dans le Delaware et tout le long jusqu’au Maryland, le ciel est rempli d’aigles. Partout partout!

Nous y rejoignons une belle délégation québécoise dans de superbes maisons typiquement campagnardes américaine du petit coin d’Oxford. Parcours plat et rapide sur le bord de l’eau, le seul problème vient de la météo annoncée…il fera chaud à Cambridge! Je reste alors sur mes gardes quant aux objectifs de temps. Comme ma qualif pour les 70.3 Worlds est déjà en poche, je fais la course en gros test. Je veux me pousser un peu plus sur la nage, car je suis en bonne forme et mon nouveau wet va m’aider. Ensuite, carrément m’ouvrir les jambes sur le bike et tougher la course à pied.

Au diable si je pète!

In depth Race Recap : Ironman 70.3 Eagleman

En arrivant le matin de la course, on nous annonce que la combinaison sera interdite pour la nage, et ce pour quelques degrés au-dessus de la limite permise. Mauvaise nouvelle, car le wetsuit nous donne une excellente flottaison et une meilleure glisse, ce qui change beaucoup les données. La nage était déjà une nage difficile dans cette baie, à cause de la visibilité et des courants, qu’en plus nous n’aurons pas l’avantage de la combi. Anyway, ce sera pareil pour tout le monde, ou presque, car les speedsuits sont légaux. Ce mini wet sans manche donne, semble-t-il, un léger avantage…mais je n’en ai pas! :(

Tout de même, cela influencera le temps final de la journée, car on sortira plus amoché de cette portion.

 

La nage, du mieux qu’on peut

 

Ma vague part encore dans les dernières, je devrai remonter beaucoup de gens tout au long de la journée… Je croise Marc-Antoine Langlois dans l’eau, quelque temps avant le départ, un athlète québécois avec qui je sais que je peux rivaliser, j’essaierai au cours de la journée de courser avec lui.

8h10 nous sommes aussitôt partis pour ce bel évènement. Ça brasse comme toujours, mais je me place sans problème et je peux déjà prendre mon rythme. Je me sens bien et je pousse plus fort que la normale. Je dois absolument me mettre dans une autre zone et moins en garder, car même si ça reste ma faiblesse, j’ai bien progressé cet hiver.

Après quelques minutes, et quelques tasses d’eau salée, j’aperçois Marc-Antoine et son speedsuit rouge tout prêt. S’en suivra une succession de changement de lead entre lui et moi, mais il terminera tout prêt en tête, à quelques secondes devant. L’eau étant très basse, nous ne pouvons plus nager et on doit courir avec de l’eau à la taille avant d’enfin passer le tapis à l’entrée de l’air de transition. De précieuses secondes s’écoulent, et le cardio monte à force de sauté-courir pour enfin atteindre la rive. Quelques crampes se font sentir.

Je ne suis pas d’une très bonne humeur quand je vois 33:00 à ma montre. Temps final de 34:04, je commence la course en retard, mais c’est la game, j’ai dépassé beaucoup d’autres personnes alors je pense avoir eu une nage respectable compte tenu des conditions.

La transition vers le vélo est bien exécutée, avec l’expérience les étapes avant de monter en selle se font plus rapidement. M-A avec son avance à la sortie de l’eau a quitté T1 en avant moi…

In depth Race Recap : Ironman 70.3 Eagleman

Bike my ass out!

 

J’ai une petite rage à passer à cause de la nage, alors j’écrase les pédales de mon Squad et je monte derechef les watts en sortant de la ville. Comme prévu, dès les premiers kilos, je dépasse des coureurs des autres groupes d’âge partis avant moi. En quittant la ville, on tombe aussitôt dans des pâturages, des fermes, des champs et bien sûr des aigles! Plat comme une crêpe, je veux faire un TT infernal et je mouline entre 90-95 RPM sur de gros braquets. Ça avance et pour les premiers 10 km tout va. Déjà, il fait très chaud, le soleil plombe fort et sans relâche je dégomme.

À 15km, je me dis que je suis peut-être trop intense, car je suis à block, la sueur coule à flot quand je regarde par terre en position aero. Position que je ne quitterai que très rarement, que pour quelques virages ou prendre mon bidon. Je suis incapable de me freiner, alors je continue le travail. Je vais dans ma poche arrière chercher ma flasque de gel Advanced Fuel, je dois absolument carburer dès le début si je veux réussir à courir après cet effort. Après une bonne lampée, je le replace dans ma petite poche arrière de tri suit, deux minutes plus tard je sens quelque chose bouger et j’entends un petit bruit…sans est fait de mon gel…je comprends que je viens de le perdre sur la route. Je suis un peu dans la merde, mais je dois continuer, shit happens.

 

Les champs ne pardonnent pas quand le vent est présent, et certaines portions sur la première partie sont plus difficiles. La moyenne de vitesse est donc plus basse malgré les efforts, soit 36km/h, mais le wattage est très haut à plus de 285 watts. Le tout devient plus stable et je suis en cruise control mode.

Dans ma tête un parcours plat est vraiment facile…bien pas tant que ça, car aucune relâche n’est permise. Pas de belles pentes descendantes pour arrêter de tourner les jambes, s’étirer le dos ou s’alimenter. Les mêmes muscles sont sollicités, on ne peut pas trop se lever de la selle comme dans les ascensions. J’ai déjà des échauffements aux parties…bref, ce n’est jamais le moment de baisser la cadence, car au moindre relâchement, la vitesse chute aussitôt. Ce qui fait aussi que malgré la température, je remets toujours à plus loin mon hydratation.

Ah plus tard, ça roule bien ici!

Non pas là, je dois continuer sur ce pace!

Je m’efforce donc à aller chercher ma gourde et je prends d’énormes gorgées pour m’éviter de trop souvent devoir briser ma position de recherche de vitesse. Je passe les gens comme s’ils étaient arrêtés, je crois que j’ai une bonne journée et j’en suis très content. La moyenne monte et le wattage se stabilise. Je maintiens 37.5 km/h et 275w durant la prochaine heure. J’ai eu une période difficile vers 40km, j’ai mal à la hanche quand je pousse, mes boules me brulent et j’ai chaud. Je fais de micros pauses, juste pour me replacer le tout sur la selle et d’avoir 1 seconde sans pédaler. Et on relance!

Je prends la course à coup de 10km et ça passe vite, les bornes kilométriques arrivent parfaitement avec la distance sur mon Garmin. Soudainement le moral revient, surtout quand le vent tourne et que ça recommence à être freakin fast! Je remonte d’un cran et je roule environ 41 à 45km/h durant au moins 40mins. La distance à faire fond donc à vue d’œil, je remonte ma moyenne à plus de 38. Sur tous les dépassements que j’effectue, seulement 2 cyclistes me dépassent. Le premier très tôt dans la course, je ne peux le suivre, car il est vraiment trop vite. Le second à une allure très forte, mais je sens que je peux le suivre. Je garde mon espace légal avec lui, mais pour une bonne période il m’a grandement motivé.

Avec 10km à faire, je sens que le gars en blanc lève le pied, probablement pour sauver un peu ses jambes pour la course à pied. Je fais des calculs et je pense être capable de passer le 90km sous la barre des 2h20. Au diable la càp, je gun encore un coup et dépasse mon conçurent en lui disant LET'S GO HOME! Pour ensuite avoir une réponse en français! Haha Un Québécois!

Je pars comme une balle et j’entre en ville à grande allure quand je calcule pouvoir passer le 90km sous les 2h20. 87…88…89km, le dernier est interminable, mais je réussis avec 2:19:43, que je m’empresse d’enregistrer dans mon compteur :)

Au final, j’obtiens un très bon temps de 2:21:24, dû à l’emplacement des tapis à la sortie de T1 et entrée en T2. Ma première fois à plus de 38km/h de moyenne, j’en suis hyper excité!

Toujours pas de Marc-Antoine, option A il a biké comme un malade et m’a pris du temps, option B nous avons gardé une distance identique?!

Son vélo est sur son stand

In depth Race Recap : Ironman 70.3 Eagleman

Hot run!

 

Ma transition 2 est toujours ma meilleure, et encore une fois je fais ça vite et je suis déjà en route pour aller me faire cuire sur le parcours. Avec un tel bike split, je me dis que je me dois d’être conservateur même si je me sens pas mal bien. Je dois me ralentir, car les sensations sont bonnes. Le parcours commence sur le bord de l’eau, pour ensuite passer dans le petit cartier, je suis à 4:06/km, mais je me sens courir à 4:30! Les gros bricks de malades que coach Bart me donne se font sentir, car ce pace semble facile.

Le parcours est encore une fois plat et rapide, mais la chaleur rend le tout difficile. Nous avons un out-and-back à faire, donc un allez à travers les champs et ensuite retour prêt de l’eau. J’avance bien et aucune crampe ne se fait sentir…pour le moment. Les stations de ravitos sont bien placées et les verres d’eau glacée vont directement sur ma tête, ça choque le corps! Mais ça baisse la température du moteur qui commence à surchauffer. Je m’arrête un instant pour absorber le plus possible de liquide, à ce point je n’ai soif que d’eau, le sucre ne rentre plus. Je repars aussitôt à bon pace, le tout remonte à 4:10, puis à se stabilise vers 4:15/km. Les stretchs sont longs, le parcours n’est pas des plus intéressant et le soleil tape fort. Je dépasse allègrement, le moral est super bon contrairement à plusieurs personnes qui marchent tellement il fait chaud.

À mon arrivé à un aid station, j’aperçois Mr. Langlois stoppé, nous voilà encore réunis. Pas le temps de prendre quoi que ce soit, je trace en lui donnant une tape d’encouragement en bon player, mais aussi pour faire sur qu’il sache que je prends la tête. Je mets même une petite accélération et essaie d’être le plus droit possible pour amocher son moral ;)

Je continue à mettre un pied devant l’autre en espérant enfin apercevoir le turn around. Je vois une station d’aide et un dessin avec une flèche, yes ça arrive! Le début de la fin!

Mais non, une fois passé la station…il y encore une longue ligne droite jusqu’au demi-tour. Moment de découragement, on dirait que ça ne finit plus, en plus que quelques mètres après, je croise M-A qui n’est pas très loin, il suit de proche et il a l’air solide.

Pour la suite, je serre les dents, car j’ai des spasmes dans les cuisses, mais je contrôle le tout. Je commence à avoir très hâte d’en finir, mais ça passe tout de même assez vite. J’essaie de penser que quand je reviendrai en septembre pour l’Ironman, ça sera encore pire comme feeling. Pour un moment j’arrête de regarder ma montre pour ne pas voir mon pace. Peu de coureurs me dépassent, mais quand j’entends des pas et que Pierre-Yves Gigou me passe à grande vitesse en me disant : Ls go 5km! Je me dis oh yeah voilà ma motivation pour finir ce petit 20 minutes! Mon petit trip ne durera que 500m et je casse physiquement et un peu mentalement. Mes cuisses sont raides et j’ai la même douleur que quand je cours un marathon. Ça m’écœure de ne pas être en mesure de le suivre et me montre que j’ai vraiment encore beaucoup de travail à faire…Il n’est même plus dans mon champs de vision, qui lui rapetisse, car je commence à être toasté raide.

Là j’ai un rough patch et je dois stopper pour étirer mes crampes aux ischios. J’endure et je me dis que nous sommes caves en maudits de faire de telles choses. Avec un peu plus d’un kilo à faire, je vois la zone du finish, mais elle me semble tellement loin.

Ben câline, Marc-Antoine me redépasse sur une bonne allure en me disant : allez 1km! Je ne suis pas capable de réagir, car si j’augmente ma vitesse je vais cramper c’est officiel. Très déçu de ne pas avoir pu m’accrocher à lui, car sur un stretch final, souvent les crampes disparaissent miraculeusement ;)

Il termine fort et gagne cette belle bataille. Nous avons pratiquement coursé toute la journée ensemble et il terminera un gros 27s devant moi au cumul! Haha malade! Bravo!

Je dois apprendre à me mettre dans une autre zone durant des périodes creuses, j’aurais dû être drivé par lui pour pousser jusqu’à la fin. Je n’ai alors aucune idée du temps que j’ai pu faire, j’ai l’impression d’avoir fait un superbe Chris Lieto (biker en malade et casser sur la course!) Mais j’apprends plus tard que je fais 1:31 sous de telles conditions.

In depth Race Recap : Ironman 70.3 Eagleman

Il faut revenir sur le déroulement de ma journée et sortir quelque chose de tout ça. Clairement, ce que Bart me donne à faire à vélo est payant, car je réalise de loin mon meilleur chrono, et ce, en tout début de saison. Même chose pour la course, je sais que je peux faire mieux, mais considérant la météo et l’effort sur le bike, c’est extrêmement encourageant.

Je termine le tout en 4:30:22, soit le même temps qu’à Timberman en septembre dernier, et nous ne sommes qu’en juin! En plus, une nage sans wet m’enlève 2-3 mins en plus de courser à plus de 35 degrés. Je suis donc plus fort qu’en fin de saison dernière, car avec ces facteurs j’aurais pu être dans un range de 4h25.

Le niveau était très relevé, et je prends la 15ie place chez les 30-34ans, 96ie au général incluant les pros. De très très bonnes performances québécoises sur tous les groupes d’âge avec quelques podiums! Vraiment nous commençons à nous démarquer!!!

 

Prochain rendez-vous, Challenge St-Andrews au Nouveau-Brunswick le 6 juillet.

 

Swim 34:04

Bike 2:21:24 (38.3km/h)

Run 1:31:37 (4:21/km)

Total 4:30:22

96/2055 OA

15/178 AG

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