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Race Report : 70.3 Mont-Tremblant 2017

par JP Leclerc 7 Juillet 2017, 10:44 Triathlon

Ironman 70.3 Mont-Tremblant 2017

Ironman 70.3 Mont-Tremblant 2017

J’en suis à déjà à ma 6e tentatives sur notre terrain de jeux Québécois en quatre an. Une fois pour les Championnats du Monde 70.3 en 2014, deux fois pour l’ironman du mois d’aout, puis c’est déjà ma troisième participation au 70.3 d’affilée. C’est dire que j’adore ces événements grandioses et parfaitement organisés, mais je dois admettre que la proximité du lieu joue de beaucoup dans mon choix année après année.

 

Ces deux dernières saisons, j’ai eu la chance de connaître de bonnes journées à Tremblant sur 70.3 (pas sur IM entoucas! Hehe) en montant à deux reprises sur le podium. On y prend goût et malgré mon jeune bébé de trois mois à peine, j’avais selon les chiffres et les sensations, bon espoir de pouvoir y remonter cette année, ou du moins sortir un bon temps.

 

Malgré mon amour pour le coin et ses races, Sarah et moi ayant plus que fais le tour des lieux et différentes activités du weekend, j’avais fait un pacte avec elle : si je remonte sur le podium, je me réinscris pour 2018, sinon…on prend un break de Tremblant pour un temps. Car comme j’ai maintenant une famille, les compétitions sont plus rares, donc j’aimerais aussi en essayer d’autres et y joindre des vacances de famille en même temps.

 

Pour en revenir à ma shape…à la venue d’Alexis le 25 Mars dernier, j’ai pensé ne pas prendre part au 70.3 cette année, comme Juin était trop proche. Je croyais bien ne pas pouvoir mettre les heures minimums requises. En fait, je ne suis pas trop du type à courser pour courser, faire des high fives et finir dans un temps qui ne me convient pas, autant encourager mes athlètes, les autres BartCoaching et mes amis sur le parcours.

 

Mais contre toutes attentes, Alexis mon beau bébé parfait (bon ou presque!), une planification et optimisation du temps efficace ainsi qu’avec le support de ma belle blonde, j’ai finalement pus tenir le jeune dad pas mal en forme dans les trois sports. Je vous invite à lire mon texte au sujet des entrainements et performances avec de jeunes enfants (coming soon!).

 

Je dirais même qu’avec plus de repos et un entrainement hyper efficace, je me sentais aussi en forme que les précédentes saisons mais avec beaucoup moins de volume d'entrainement, ce qui me laissait croire en une possible bonne journée le 25 Juin.

Crédit: 10-21-42km

Crédit: 10-21-42km

Nat

Après une 20aines de demi-Ironman, le stress est pas mal moindre dus à toute l’expérience acquise et aide beaucoup à avoir confiance dans sa préparation physique, matériel et logistique du weekend et de l’événement, mais aussi au niveau de l’exécution de la première épreuve de l’aventure.

 

Cependant, dans mon cas ça ne passe jamais complètement et la natation me laisse toujours un tantinet nerveux, j’appréhende à chaque fois le départ avec un genre de; aaaaahhhh mouins…la nat…et je ne rêve qu’au moment de défiler vers T1, wet au bras, une fois l’épreuve terminée.

 

C’est nuageux ce matin, mais la pluie n’est attendus que plus tard en après-midi, l’eau du lac est calme et sa température parfaite. Je fais même un petit warmup afin d’éviter le choc thermique qui m’a causé une petite panique comme en 2016 (voir CR ici).  Je n’ai donc pas de grosses attentes, mais je suis prêt malgré un entrainement minimal dans l’eau quoique efficace avec un hiver de treshold development (CSS) de Swim Smooth Montréal.

 

Cette année nous avons droit à une nouvelle formule, le self seeded start, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de vagues de groupe d’âge, mais les athlètes partent selon leurs temps estimés, un peu comme dans les grands marathons. J’ai testé le tout lors de Ironman Texas et Maryland et effectivement ça donne des départs moins chaotiques, donc plus faciles. Mais une autre touche est ajoutée : comme dans un enclos à cochon, des volontaires nous bloquent et lèvent leurs petits drapeaux afin de laisser passer 2-3 nageurs aux trois secondes pour casser encore plus les écarts. Ca rends de ce fait encore plus smooth la partie dans l’eau et devrais aussi faire qu’après en vélo il y aura moins de pack. Mais ça vient aussi mélanger un peut les groupes d’âge pour les plus compétitifs qui eux veulent racer.

 

C’est tellement smooth que je n’ai rien d’autre à dire pour la portion de natation…outre que je trouve que je nage pas trop mal, que ça passe plutôt vite et que je suis surpris de voir 30:34 à ma montre une fois les pieds à terre. Mon temps officiel une fois passé le tapis de chronométrage est cependant 31:08 ce qui est tout de même moins pire que ce à quoi je m’attendais, la journée commence bien!

Crédit: Gophobservation

Crédit: Gophobservation

Le Bike

Là je suis content, enfin le vélo! J’ai effectué la majeure partie de mon entrainement sur mon home trainer pour des raisons de logistique et d’efficacité. Mais ça fonctionne car quand je sors dehors…ouf que ça avance bien et je pousse de grosses watts sur mon Argon 18 E-119 tri tout neuf :)

 

Je pars donc la confiance dans le tapis, enfin même peut-être un peu trop, sur le premier 40 minutes où je suis à plus de 300w np. Je me calme le pompon, y’en reste beaucoup et le plus difficile est à venir. La météo est superbe pour de bons temps vélo, il ne faut pas de pluie car je suis vraiment chicken quand la surface est mouillée (voir CR du IM 2016)! Je dépasse pas mal, toujours un bon signe et ma moyenne avoisine les 38kmh, oooh yeah ca vas bien, je remonte ca tranquillement et suis en plein dans l’objectif!

 

Mais soudainement de minutes et minutes, j’ai du mal dans certaines difficultés et me sens collé à la route malgré l’effort, par contre je relance aussitôt sur le flat. Julien du team me largue grossièrement dans une montée et ca me casse le moral…je m’accroche à lui (légalement bien sûr!) pour me motiver sur le prochain 30 minutes environ. On échange le lead et je vois aussitôt le patern…j’ai un flash et perçois immédiatement mon erreur en entrainement! À la moindre bosse Julien me drop, mais sur le plat je le reprends illico…Je n’ai donc pas la puissance en montée, mais je roule fort sur les parties en efforts contre-la-montre.

 

Quelle erreur de ne pas avoir assez fait de travail de puissance, de low rpm, de montées Camilien-Houde et un brin trop de sweet spot. Je paye le prix de ce manque aussi physiquement, car avec seulement une 60aines de kilos de fait, je sens déjà mes ischios et même les quads qui font des siennes. Oh boy…moi qui mets la gomme dans Duplessis et qui normalement finis fort…j’ai un peu la chienne de ce qui s’en vient.

 

Ben voilà, petit à petit la vitesse et la puissance baissent, je suis à 37, puis à 36kmh et mon power drop à 270 watts en commençant la fameuse finale. J’y croise mon pot Charles Thibault au retour et on roule ensemble (en toute légalité la!) et je dois dire que l’énergie n’est pas là et que les muscles crient. Je lève délibérément le pied, anyway je vois mon temps ordinaire sur mon Garmin et je comprends que ça ne sers plus à rien de m’éclater pour gagner une vulgaire minute ou deux. Je me conserve pour la course à pied (du moins je pense!) avec mon plus lent bike split depuis 3 ans : 2h26.

 

Je m’attendais à mieux, en fait beaucoup mieux, je paye mes erreurs et j’en suis le seul responsable, alors je ne suis pas totalement à terre mentalement et j’ai très envie de courir le demi-marathon qui s’en vient.

Race Report : 70.3 Mont-Tremblant 2017

Run

Je pose le vélo motivé et je sais que je devrais bien m’en sortir sur le parcours pédestre avec de solides entrainements dans les derniers temps. Il fait quand même chaud et toujours pas de signe de l’éventuelle pluie?! Je pars la càp en détraqué, j’ai les jambes en feux (dans le bon sens du terme!) malgré une difficile et laborieuse portion vélo.

 

Je suis à 3:25/km (gros cave!) sur le tapis rouge, le couteau entre les dents, un peut frus du bike et la première bosse me dit rapidement de me slaquer les nerfs et me rappelle que le premier 5km est assez costaud.

 

À peine le temps de me stabiliser et de prendre un beat plus réaliste que je me vois contraint de stopper net-fret-sec…ischio droit en détresse, je ne peux plus courir. Après plusieurs interminables secondes à m’étirer, je reprends un shuffle douloureux avant de devoir me repencher pour toucher le sol. De 3:55/km de moyenne, je passe à 4:05…puis 4:15…Je panique un peu, je lâche quelques jurons car je me connais, je sais que j’ai une tendance à cramper. Par contre, je n’ai aucune envie de stopper là.

 

Je paye carrément en cash ma difficile ride de bike, mais après quelques étirements, je sens le muscle se détendre et je reprends mon rythme. Je suis en mode damage control mais quand je cours, alors je cours bien comme ma forme des derniers temps le laissait présager! La moyenne redescend rapidement et je reprends tous les mecs qui m’avaient dépassé. Jusqu’au prochain rush de crampes…puis l’ischio gauche se mets de la fête, ah ben le quad droit tant qu’à y être…je suis malheureusement On et Off pour la majeure partie de la course à pied.

 

Ma course est définitivement flinguée MAIS aucune intention de m’arrêter, je contrôle du mieux possible mon corps qui lâche avec la ferme intention de tout donner ce qui me reste.

 

Avec moins d’un kilo à faire, quelle joie de croisé ma belle Sarah, Alexis au bras…rendus là je peux me permettre un bisou à mes amours :) Juste pour ce petit moment, je sais que j’ai bien fait de continuer malgré une journée plus difficile au bureau!

 

1h32 plus tard, j’arrive au finish bien content de l’effort et d’avoir HTFU (Harden The Fuck Up!), mais je sais qu’avoir pu courir tout le long comme les dernières années…j’aurais sortis une méchante belle càp.

 

Race Report : 70.3 Mont-Tremblant 2017

Au Final

Au niveau du chrono, je suis déçu de cette perfo de 4h35 et de ma position au AG (11e), car je suis un compétiteur et un gars très exigeant avec moi-même. Je sais que j’aurais pu mieux faire selon mes feelings et chiffres en entrainement, cependant je ne peux dire que j’en suis démolis car je connais mes erreurs, mais surtout puisque j’ai eu la chance de prendre part une autre belle compétition, dans une forme décente et en ne brimant pas ma vie de famille en plus! Ce n'est pas tous les nouveaux papas (et surtout mamans!) qui ont la possibilité de maintenir ce beat de vie, et pour ca je suis comblé!

 

Content de les voir après, en prenant Alexis dans mes bras, j’oublie aussitôt ma déception et me rend compte que tout ça est secondaire. Puis ça vient me rappeler pourquoi on le fait, soit la forme physique, le bon mode de vie et la chance de pouvoir faire ce qu’on aime. Mais maintenant ça devient aussi pour être un exemple de travail, d’engagement, un modèle de détermination et de bon esprit sportif pour mon fils.

 

Après une bonne douche, un repas suivis d’un bon scotch, je suis à nouveau redevenus un chum, un papa et j’en suis plus heureux que de monter sur le podium…la famille Gautreau-Leclerc sautera donc son tour pour les prochaines éditions des évènements de Mont-Tremblant.

 

Ça me laisse plus affamé pour la prochaine… ;)

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