Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Ironman Lake Placid, New York- 22 juillet 2012

par JP Leclerc 24 Janvier 2013, 21:38 Triathlon

Avec un peu-pas mal de retard, voici un récit de mon tout premier Ironman.

Ma résolution de 2013 est de refaire vivre mon petit blog, mais aussi et surtout, d’y aller avec des récits de course plus short and sweet. Plus de type race report, question que ca sois moins long à composer pour moi, et pour vous, à lire.


Voici le gros récit, je crois que mon tout premier Ironman en vaut la peine; 

Mon vieux rêve fut réalisé en juillet dernier, lors de mon tout premier triathlon Ironman à Lake Placid dans l’état de New York. (3.8km nage-180km vélo-42.2km course) Ce qui, il y a quelques années, m’avait poussé vers les sports d’endurance, est maintenant chose du passé. Enfin j’ai entendu le fameux :

Jean-Philippe Leclerc…YOU ARE AN IRONMAN! Mais non sans difficultés… 

Il y a un an que j’y étais inscrit, un an que je travaillais comme un acharné sur mes 3 disciplines. Matins et soirs, beau temps comme mauvais, crinqué à block ou pas toujours motivé de sortir, j’ai fais mes devoirs en m’entrainant entre 15-35h par semaine. Ca prend un régime de la sorte si tu veux bien performé sur cette distance.

La nage fut catastrophique sur le plan du temps final, moi qui visais entre 1h05-1h10. Par contre, compte tenu de ma condition, et qu’au moins j’ai pu la terminer, j’en suis finalement très content. Je m’étais positionné tout à l’arrière des compétiteurs afin d’éviter de me faire passer sur le corps par la washing machine de 2900 nageurs dans le petit Mirror lake, si jamais je pognais une solide crise de vertige comme au demi ironman de Tinman…je vous raconterai plus tard ce que j’avais finalement…

J’ai donc opté pour la respiration seulement du cotes gauche car ca "shackais" moins et ne déclenchais pas mes vertiges. Donc, pas la meilleure et la plus rapide des techniques. Après une 100aines de mètres, j’ai réalisé que je me sentais plutôt bien. Juste comme je voulais essayer de pousser le tempo d’un cran, je fus contrains de faire du surplace, du aux grand nombre de gens qui n’avançais pas. J’étais coincé, impossible de prendre mon pace, pris dans un bottle neck comme sur l’autoroute 40! Je me suis donc dis, au diable le temps, sors de l’eau et complète le reste de l’Ironman du mieux que tu peux.

Final 1h20…perte d’environ 15mins sur mon objectif, par contre je suis vivant et sur le point d’entreprendre la portion vélo, moi qui, quelques heures auparavant, pensais à ne pas réussir la course.

À la sortie de l’eau, des bénévoles qui ont comme tâche de stripper nos wetsuits, nous les retirent d’un trait. Nous devons courir dans un corridor au travers la foule endiablée, vers l’air de transition, afin de prendre possession de nos effets personnels pour commencer notre ride de vélo. Cette foule me fait réaliser que j’y suis vraiment, je cours très vite pied nus dans ce long corridor d’une distance d’environ 300m, boosté à fond par ce crowd. Je me sens comme un pro malgré mon temps de merde!

Je me change en vitesse dans une des tentes, je cours suivant les indications des bénévoles, ont m’apporte mon vélo. Une fois enfourché je décolle fort, après 1km la foule et le bruit sont distants, déjà on s’éloigne de la ville. La température est superbe, je suis enfin sorti de l’eau…des larmes m’envahissent. Après cette émotion, j’ai du pain sur la planche. Je connais le parcours comme le fond de ma poche, comme j’ai eu la chance de venir le faire environ 10 fois. Je sais qu’un solide parcours vélo m’attend, surtout vers les 30 derniers kilos. Ma mauvaise position hors de l’eau fait que je dépasse pas mal de gens durant la première heure. Je pousse très fort, l’émotion fait place à une espèce de colère. Je maintiens 40km/h de moyenne sur les premiers 50km. Je sais que le début du parcours est rapide. Je me nourris beaucoup, je bois constamment et les points d’aides sont nombreux ce qui me permets de refaire le stockage. J’ai de bonnes jambes et le temps passe trop vite. Je trippe ben raide, je me sens vraiment devenir un bon cycliste. L’arrivée en ville après la première boucle est glorieuse, lors de l’ascension de papa bear, la dernière côte d’une série de 3 pour terminer le parcours. C’est comme au Tour de France, la foule est collée sur nous et certains cours à nos cotés. Les frissons sont présent et je vire littéralement fou…je me lève en danseuse et pousse comme un enragé. Je payerai plus tard cette follerie et montée de testostérone. Mais pour le moment, j’enjoy la foule. J’entends même un petit ALLEZ JP qui provient d’une voix connue, ma mère qui c’est déplacée pour l’occasion. Le 2ieme tour à peine commencé, que je sens déjà que je viens de commettre une erreur de recrue. Je me suis emporté dans la ville et je manque un peu de gaz. Je lève le pied un peu et prend une bonne allure, qui me permet un certain "REPOS". Je me concentre et les dépassements ce font plus rares. Des fois, je croise des coureurs, ont s’accroche un peu et je continue ma progression sur les superbes routes des Adirondack. Pouf, s’en rien n’y voir, je suis de retour en ville, je me sens toujours très bien. La foule est maintenant en majorité sur le parcours de course, ce qui fais que je ne pette pas une seconde coche sur les derniers kilos de la portion vélo.

Final 5h31 soit 33km/h de moyenne et le 218 rang sur 2300 participants. Très content de ce temps, mon amélioration est excellente. 

La ville respire l’Ironman, comme des rock star, on débute la course à pied après un changement rapide dans l’air de transition. Je me sens toujours très bien et encore une fois, je m’emporte…3:50/km de pace sur la première partie de la course. Je n’ai pas trop l’air de quelqu’un qui vient de rouler 180km. Je suis droit et fort, bon feeling. La température est maintenant à son top, il est environ 13h maintenant. Tout va bien pour le premier de mes 2 tours du parcours côteux et plutôt difficile.  Je passe le 21.1km en un super temps de 1h38 environ, en route pour un marathon de 3h16-3h20 ce qui est brutal pour un tout premier essaie sur la distance Ironman. Durant ce premier demi, je croise même l’Australien Pete Jacobs, futur gagnant des championnats du monde de Kona de cette même année. Il semble en difficulté et marche, le vélo qui le suit indique qu’il est au top 3 de la course. Ca me fais capoter de le croisé comme ca, je le dépasse (il en est à son 2ieme et dernier tour de parcours! Moi à mon 1er!) en lui lâchant un petit mot d’encouragement :

Come on Pete! Keep it up!

Et lui de répondre : Wow! Nice run man!

AAAAAAAHHH le grand Pete Jacobs me dit ca!!!!! Je suis en feux! Pour environs 10 minutes…À partir de 25km, commence la descente aux enfers…

Les quads sont pétés, j’ai soif sans arrêt mais le Gatoraid des stations d’aides me lève presque le cœur, je n’a plus d’énergie, ma technique en est réduite à de petits pas. Je dois marcher durant les points d’aide. Malgré ce crash monumental, jamais je n’eu de pensées négatives, contrairement aux autres fois que cela m’est arrivé. Ok oui j’ai très hâte de finir, mais je reste positif et me dis que ca achève et serai un Ironman. Le IronWill me pousse, plutôt me traine, jusqu’aux derniers kilos de la course où je reprends une allure convenable. J’accélère jusqu’au fil d’arriver où je n’en reviens pas que je croise enfin.

J’ai les yeux en eau à cause de ce beau moment et que je suis complètement à plat. À ce super premier demi j’ajoute maintenant un affreux deuxième et termine donc le marathon en 3h47. Mais…IT’S DONE!

6

Morale de l’histoire, il faut jauger l’effort sur ironman, sinon tu en paie le prix. 

Une semaine plus tard, je m’écroule…

Les étourdissements et vertiges dont je souffre depuis juin sont de plus en plus intenses et constants. N’étant pas capable de mettre le doigt sur le bobo, même après nombreuses visites chez docteurs, ORL, physios, chiros, dentiste, opto, ostheos et même acuponcteur. S’ajoute des nausées et vomissement fréquents. Aucune énergie pour passer au travers de mes journées, je rentre au travail une journée sur deux. Bien sur je ne m’entraine plus du tout et dois mettre une croix sur mon dernier 70.3 de Timberman et le marathon Mohawk Hudson River. Je retourne pour une Xieme fois à l’urgence, car là ca ne va pas du tout. Des pressions intenses dans ma tête se forment, je veux mourir lors de ces crises. Ensuite, tout défile tellement vite lorsque qu’on me montre et m’annonce que j’ai une tumeur au cervelet d’environ 5cm de diamètre…ce qui me cause tous ces problèmes. Je suis pris en main d’urgence et commence mon 2ieme ironman…

Je vous épargne les détails, mais je du donc passer 2 semaines à l’hôpital et bien sur, sous le bistouri. Ma récupération fut, par contre, fulgurante après une telle opération. Je suis de retour à l’entrainement depuis fin novembre, sans grosses séquelles. Je regarde 2013 comme si je n’avais jamais rien eu.

IMG_0651.JPG

Oh et j’ai donc complété un IM sous les 11h avec une tumeur grosse comme une balle de tennis dans la tête, not bad! Je me reprendrai dans de meilleures conditions.

Vivement 2013

Nom: Ironman 140.6 Lake Placid

Lien: link

Lieu: Lake Placid, New York, USA

Distance: Ironman (3.8k nage-180k vélo-42.2k course)

Temps: 10:50:48 (1:20 nage, 5:31 vélo, 3:47 course)

Rang: 138/2896 total - 23/258 groupe d'âge 

commentaires

Haut de page